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Marché de l’emploi cadre : plein emploi et chômage

Tendances
Par stephan1104 le Dimanche 27 avril 2008 @ 14:35:09


Marché de l’emploi cadre : plein emploi et chômage Y-a-t-il réellement une problématique senior ?


EN SYNTHESE…

• Le marché de l’emploi cadre français est en situation de plein emploi. Sur les 3,19 millions de cadres1 qu’il compte aujourd’hui2, près de 125 000 sont en recherche d’emploi, soit un taux de chômage de 3,8%. C’est deux fois mois que l’ensemble des salariés. La conjoncture favorable depuis 2004 explique en grande partie cette bonne santé dont tous les cadres profitent aujourd’hui, qu’ils soient jeunes diplômés ou cadres confirmés.
• Sur ce marché, 3 cadres actifs sur 10 sont quinquagénaires. Tout autant investis dans leur vie professionnelle que les autres générations de cadres, ceux que l’on nomme à tort les « seniors » ne se vivent pas3 comme tels. Le clivage n’est réel qu’après 55 ans. Contrairement aux idées reçues, ces derniers ne sont pas plus souvent licenciés que leurs cadets. Pour autant, lorsqu’ils perdent leur emploi, ils ont davantage de difficultés à en retrouver un : le taux de chômage de longue durée s’établit pour eux à 6,4% contre 1,6% pour les moins de 30 ans.
• Cette problématique « senior », qui reste centrale dans le débat public lorsque l’on aborde la question du chômage, correspond-elle pour les cadres, à une réalité ? Faut-il dépasser le simple facteur âge pour mieux comprendre les mécanismes à l’oeuvre ? C’est à ces questions que l’Apec a voulu apporter des réponses en réalisant une étude basée d’une part sur le suivi de cohortes de cadres en recherche d’emploi conseillés par les consultants de l’Apec. D’autre part, sur deux enquêtes consacrées aux motifs de licenciement. Elles ont été menées auprès de cadres, de responsables RH et de consultants de l’Apec.
• Il ressort de cette étude inédite que le chômage des cadres n’est pas « alimenté » par les quinquagénaires, mais plus largement par les « ruptures » dans la vie professionnelle. Ruptures qui sont sans lien avec l’âge et qui peuvent prendre diverses formes : difficultés à dépasser un conflit ouvert dans le dernier poste occupé, présentation et dévalorisation de soi, manque de discipline dans la recherche d’un nouvel emploi... Ainsi, pour Gabriel Artero, Président de l’Apec, « il n’y a pas de problématique senior à proprement parler. Dans un contexte où le sentiment d’isolement et la disparition du collectif dans l’entreprise est devenu la norme, ce sont davantage les ruptures que subissent les cadres qui alimentent le chômage en particulier celui de longue durée. Forte de ce constat, l’Apec apporte des réponses concrètes aux cadres en recherche d’emploi et des conseils axés notamment sur l’individu et la reprise de confiance en soi. Au lieu de se focaliser sur la question de l’âge, il est préférable de traiter le problème à la source en se concentrant sur les conditions de travail. »
• A noter : l’Apec a réalisé une enquête sur les évolutions et la structure des recrutements de cadres de 50 ans et plus (disponible sur demande).


Quinquagénaires cadres : idées reçues et préjugés


• La marché de l’emploi cadre Hexagonal bénéficie d’une conjoncture favorable depuis 2004. A partir de cette année clé, le volume de recrutements de cadres n’a cessé d’augmenter, battant même des records historiques ces deux dernières années. Dans le même temps, le taux de chômage s’est établi à 3,8% pour les cadres alors que le taux de chômage de l’ensemble des salariés est proche de 7,8%5. Ainsi, le marché de l’emploi cadre français qui s’impose comme l’un des plus dynamiques d’Europe6, est en situation de plein emploi. Cette bonne santé ne devrait pas se démentir dans les prochains mois, en dépit d’un contexte économique incertain et devrait continuer à profiter à tous les cadres, qu’ils soient jeunes diplômés ou cadres confirmés7.

• Les effectifs cadres ont continué à se développer de manière soutenue : ils sont aujourd’hui 3,19 millions contre 2,1 millions en 1990 et 2,7 millions en 2000.

• L’analyse de la structure par âge des effectifs cadres montre que les plus de 50 ans sont plus nombreux que les moins de 30 ans : 30% du total, contre 11%. En outre ces quinquagénaires, appelés à tort « seniors » compte tenu de la connotation négative que ce terme suppose, ne se vivent pas comme tels. Comme le montre une récente étude de l’Apec8, Il n’y a pas de clivage générationnel dans l’entreprise et les compétences se mutualisent quels que soient le niveau d’expérience. Les quinquagénaires estiment que c’est au-delà de 55 ans que l’on est « âgé », ce qui semble correspondre au basculement vers la préparation de la retraite. Ils se perçoivent ainsi comme les autres cadres, s’impliquent tout autant, et sont moins nombreux en proportion à changer d’entreprise que leurs cadets. Côté entreprises, il existe encore des freins profondément ancrés à leur recrutement, mais une fois en poste, les quinquagénaires sont appréciés par les managers notamment pour leur adaptabilité, leur expérience et leur savoir-faire.

• Les chômeurs quinquagénaires ne sont pas davantage licenciés que leurs cadets. Ainsi, parmi les cadres de 50 ans et plus sans emploi 60%9 le sont pour motif de licenciement. Ce pourcentage est le même que pour l’ensemble des cadres, tous âges confondus. Pour autant, leur taux de chômage est de 6,4% contre 3,8 % pour l’ensemble des cadres du fait d’un retour moins rapide à l’emploi.

• Dans un contexte conjoncturel à nouveau très favorable pour l’emploi cadre depuis fin 2004, le taux de retour à l’emploi à 12 mois, c'est-à-dire le rapport entre le nombre de cadres qui ont trouvé un nouvel emploi et le nombre de cadres qui cherchaient initialement un emploi, s’est amélioré pour la catégorie des cadres âgés de 50 à 54 ans. Ce taux se rapproche ainsi de ceux mesurés pour les cadres moins âgés. Il s’établit à 50% à 12 mois contre 70% pour l’ensemble des cadres. En revanche, pour les plus de 55 ans le taux d’emploi ne dépasse pas les 40%. En d’autres termes, 4 cadres sur 10 retrouvent un emploi dans les 12 mois qui suivent leur licenciement lorsqu’ils sont âgés de 55 ans et plus contre 7 sur 10 en moyenne, tous âges confondus.

• Du fait des évolutions démographiques, la population des 50 ans et plus représente une part croissante des salariés, qu’ils soient cadres ou non cadres. D’après les dernières projections de
l’Insee, en 2050, plus du tiers de la population française sera âgé de plus de 60 ans, contre un cinquième en 2000. La France n’est pas le pays le plus mal loti en Europe, grâce à un taux de
fécondité supérieur (avec l’Irlande) à celui de la moyenne européenne. La population globale de l’Union européenne pourrait décroître de près de 14 millions de personnes à l’horizon 2050.
• Dans ce contexte, le Conseil européen de Stockholm de mars 2001 a fixé à 50% le taux d’emploi à atteindre en 2010 pour les individus âges entre 55 et 64 ans, seuil déjà largement dépassé aux Etats-Unis et au Japon : il s’élève respectivement à 62% et 65% en 2006. Actuellement, ce taux s’élève à 46% dans l’Union européenne, avec des disparités : le plus bas en Belgique (30%), le plus élevé en Suède (70%) et 40% en France. A trois ans de l’échéance, neuf pays de l’Union européenne n’ont pas encore atteint cet objectif.

• Les représentations négatives véhiculées par certains recruteurs et plus largement par une partie de la société semblent avoir été alimentées et parfois aggravées par les effets indirects non
seulement des politiques d’emploi menées - telle que l’éviction par les préretraites – mais aussi par les dispositifs de soutien à l’emploi des séniors qui restent encore perméables aux préjugés.Ainsi, les cadres demandeurs d’emploi des 50 ans et plus interrogés par l’Apec attendent qu’un discours de remise en cause des « stéréotypes », et en corollaire, de présentation de la nouvelle réalité des âges et des parcours individuels, soit porté par les instances publiques. Certes, ils ressentent la nécessité de s’adapter en réajustant leurs critères de choix d’un nouvel emploi, mais dans le même temps ils espèrent une réponse institutionnelle plus « nette » qui traduit leurs attentes à l’égard du marché de l’emploi.


Les ruptures alimentent une grande partie du chômage des cadres


• Pour aller plus loin dans l’analyse des mécanismes à l’oeuvre dans la problématique du chômage des cadres, l’Apec a fait un focus sur ceux âgés de 30 à 49 ans afin de mettre en perspective les résultats de l’étude menée sur les quinquagénaires avec la situation des cadres plus jeunes. Objectif :
- analyser les trajectoires de ces cadres au chômage en se plaçant aussi plus en amont, avant la perte de leur emploi,
- apporter l’éclairage des consultants de l’Apec sur les principaux freins au retour à l’emploi,

- et croiser les regards que portent les cadres et les DRH sur les raisons des licenciements intervenus ensuite.
• Il ressort de cette analyse que ce sont principalement les ruptures que peuvent connaître les cadres dans leur dernier poste qui constituent l’un des principaux freins à l’accès à un nouvel
emploi dans les meilleurs délais et qui peut conduire à l’installation dans un chômage de longue durée. Ces ruptures n’ont aucun lien avec l’âge puisqu’elles peuvent aussi bien concerner les
trentenaires que les quadragénaires. C’est donc sur ce terrain qu’il est souhaitable d’agir et plus précisément sur l’individu. Le marché reste très segmenté et la singularité des cadres se retrouve dans le conseil apporté par l’Apec.
• Premier constat : le taux de retour à l’emploi s’est nettement amélioré pour cette tranche11 d’âge entre 2001 et 2007. Il s’élève à 60% à 12 mois

• Deuxième constat, issu de l’analyse des réponses apportées par les consultants de l’Apec : les problèmes liés à la maîtrise insuffisante de la démarche de recherche d’un emploi et les problèmes de types comportementaux et d’attitude sont les 2 principaux freins pour le retour à l’emploi. Ainsi, en ce qui concerne le deuxième frein évoqué, une partie des cadres suivie par ces consultants est passée par une période traumatisante dans leur dernier poste, laissant une empreinte durable sur le comportement et l’attitude de ceux-ci. Mise au placard, explosion de la charge de travail, intensification des exigences de l’entreprise sont autant de cas de figure décrits par les cadres. Ces ruptures dans la vie professionnelle se manifestent notamment par une dégradation au niveau du savoir être, de la présentation de soi, dans la difficulté à s’astreindre à la discipline nécessaire pour la recherche d’emploi, chez ces mêmes cadres lorsqu’ils se retrouvent en recherche d’un nouvel emploi. Vient ensuite le manque de flexibilité de certains cadres face aux contraintes du marché qui les amèneraient à exercer une activité différente, à accepter une rémunération inférieure ou à changer de région apparaissent comme inacceptables par eux. Enfin, les attitudes discriminatoires d’une partie des recruteurs conduisent les cadres à être défaitistes et à s’enfermer dans l’inaction.


A noter : Le questionnaire auquel ont répondu les consultants consistait essentiellement à classer, parmi une liste de 17 propositions, les cinq raisons principales des difficultés de retour à l’emploi, en les hiérarchisant de la première à la cinquième.
• Troisième constat : les problèmes relationnels, au sens large, sont les motifs de licenciement le plus fréquemment cités par les recruteurs (66% d’entre eux). En revanche, seuls 10% des cadres licenciés déclarent l’avoir été pour ce type de motif. Les 2/3 d’entre eux sont d’ailleurs en désaccord avec celui-ci, qui selon eux recouvrirait en fait d’autres raisons, principalement économiques. Les problèmes de performance (54% des recruteurs) et de compétence (45%) sont le deuxième motif de licenciement individuel. Celui-ci est rarement partagé par le cadre licencié, qui dans les 3/4 des cas n’y voient qu’un prétexte. Le troisième motif est un conflit avec la direction de l’entreprise (cité par 32% des DRH). Le consensus est cette fois beaucoup plus net, puisque la moitié des cadres qui déclarent avoir été licenciés pour cette raison la considèrent comme exacte. On trouve ensuite l’invocation de raisons économiques (30% des DRH), souvent liées à des restructurations ou fusions. Là encore, la moitié des cadres concernés ne contestent pas le motif donné. Enfin, le licenciement peut faire suite au refus par le cadre d’une mutation ou d’un avenant au contrat de travail. Il n’est généralement pas contesté par le cadre (6 sur 10 sont d’accord), même si certains peuvent avoir le sentiment que l’employeur leur a fait sciemment une proposition inacceptable pour provoquer la séparation.


La réponse de l’Apec à la segmentation du marché


Face à ces constats, l’Apec a conçu une offre de services spécifique répondant aux besoins des cadres et du marché. Ainsi, elle apporte des solutions concrètes qui ne sont pas liées à l’âge : il n’y a pas d’offre spécifique « sénior ». En revanche, l’accompagnement des consultants est adapté à chaque individu et à son marché potentiel. Le travail de recherche d’emploi s’articule non seulement autour de l’analyse des compétences, des motivations et du projet professionnel, mais aussi :

- de la connaissance du marché actuel (des bassins d’emploi, secteurs porteurs, filières de formation recherchées, tensions…), des besoins en compétences des recruteurs, des
perspectives de recrutements et des évolutions des métiers,
- du travail sur l’individu et en particulier sur le regard qu’il porte sur lui-même et sur les autres ainsi que sur l’image qu’il donne aux autres. Ce travail, essentiel pour qu’il
reprenne confiance en lui, se fait notamment dans le cadre d’ateliers et se révèle souvent un déclencheur qui replace le cadre dans un cercle vertueux et une dynamique positive.
Ce type d’atelier, qui bannit tout jugements de valeur, est basé sur le factuel et le professionnel. Il s’appui sur son parcours, la façon dont il l’appréhende, la façon dont il le présente au groupe et les échanges qu’il induit.

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