Par Jérome Perret, dirigeant de Huzz.com
Les grands réseaux sociaux actuels sont en pleine évolution et proposent désormais à leur membre de renseigner des informations qu’ils ne collectaient pas jusqu’alors. Pour FaceBook, l’intégration de données professionnelles ; pour Linkedin ou Viadeo, une volonté d’intégrer de plus en plus la dimension personnelle, poussée au niveau des interactions entre personnes. Outre le risque, à terme, que les réseaux sociaux se ressemblent tous, cela pourrait s’avérer aussi vain qu’inutile avec l’apparition possible d’un outil qui se positionnerait au dessus des réseaux sociaux pour servir à des fins de multiposting, comme Seesmic, Hootsuite ou Post Planner, de plateformes de contrôle des données individuelles proche de 123 people, et même pourquoi pas de carte d’identité en ligne ayant valeur de signature légale.
Un tel outil de gestion de profils universel pourrait bénéficier de systèmes de veille proactifs, détectant les occurrences et les mentions relatives au propriétaire du profil, afin que celui-ci ait la possibilité d’intervenir si des photos peu pertinentes sur lui sont diffusées ou si des commentaires sont faits ad nominem. L’idée n’étant pas d’encourager les gens à une surveillance réciproque de mauvais aloi, mais de permettre simplement que chacun puisse faire valoir légitimement son droit à être exposé avec son consentement, de pouvoir corriger une information ou demander que l’on respecte sa vie privée. La mésaventure récente d’un diplomate français en Tunisie dont les photos ont été diffusées sur les réseaux sociaux puis reprises dans la presse illustre parfaitement cet exemple.
En attendant qu’une telle plateforme donne la main aux internautes sur leurs profils et leurs propres données, les réseaux sociaux ont donc tout à gagner à encourager l’inter-compatibilité entre leurs services afin que l’internaute n’ait pas à entrer à chaque fois ses données. Permettre l’homogénéisation des données contrôlées par l’internaute devrait être la première règle aujourd’hui. Car une fois celle-ci assurée, l’internaute peut en confiance et en sécurité se concentrer sur les réelles plus-values des réseaux : partager avec son réseau de contacts amis et/ou relations professionnels et disposer d’un espace propre où il peut intégrer des applications, des services, provenant de développeurs internes ou externe.
C’est donc sur la question de la créativité et de la diversité des services, exactement de la même manière qu’Apple a pensé ses plateformes iPhone et iPad, que tel ou tel réseau social parviendra à accueillir davantage de membres et que non seulement sa valeur mais surtout son chiffre d’affaires s’envoleront.
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