Pour Arnaud Chéron, Directeur de recherche associé, Spécialiste de l’économie du travail à l’EDHEC : « Une explication à ce résultat pourrait en partie se trouver dans la modification de la fiscalité concernant l’épargne salariale (intéressement et participation), qui n’est pas intégrée dans l’analyse par l’enquête Mercer.»
«Au deuxième semestre 2012, le chômage a dépassé la barre symbolique des 10%, pour atteindre 10,2% selon l’INSEE. Les perspectives en termes d’emplois pour cette fin d’année et pour 2013 sont également moroses sur la base des prévisions de croissance en France, +0,4% au total sur 2012 (après deux trimestres de stagnation) et moins de 1 point de croissance pour 2013 (+0,8 selon les prévisions du FMI également retenues par le gouvernement).
La montée du chômage et la faiblesse de la croissance économique pèsent conjointement sur les salaires nominaux, notamment du fait d’une position moins favorable des travailleurs en place qui se trouvent sous la pression et la menace du chômage. Dans ce contexte, les résultats de l’ « enquête de rémunération Mercer 2012 » suggère néanmoins, sur le panel considéré, une augmentation médiane du salaire nominal équivalent 2,6%. Sachant que parallèlement l’inflation atteindrait 2,1%, il en résulterait une progression modeste du pouvoir d’achat de 0,5 point sur l’année 2012, c'est-à-dire dans la moyenne des progressions généralement observées. Les perspectives affichées par Mercer sont similaires pour 2013.
Si l’INSEE confirme ces chiffres pour l’année 2012, le pouvoir d’achat du salaire progresserait donc modérément malgré la conjoncture fortement dégradée de ces deux derniers trimestres, et alors qu’en 2010 et 2011 le salaire de base avait progressé en France à un rythme juste équivalent à l’inflation. Une explication à ce résultat pourrait en partie se trouver dans la modification de la fiscalité concernant l’épargne salariale (intéressement et participation), qui n’est pas intégrée dans l’analyse par l’enquête Mercer. Ces rémunérations indirectes des salariés se trouvent en effet plus fortement taxées depuis la mise en place du nouveau gouvernement, avec le relèvement du forfait social de 8% à 20%. Un effet de compensation favorable à la hausse des salaires peut en résulter, suggérant néanmoins que la progression des revenus d’activité serait in fine encore plus faible qu’il n’y paraît. »
Arnaud Chéron, Directeur de recherche associé, Spécialiste de l’économie du travail à l’EDHEC se tient à votre disposition pour répondre à vos questions sur l’« enquête de rémunération Mercer 2012 » ou sur ses dernières recherches : De la modulation des subventions à la formation continue des salariés ; Un haut niveau de protection de l'emploi ralentit l'insertion des jeunes sur le marché du travail ; L’évolution de la formation professionnelle continue : une perspective internationale
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