Au travers d'une approche internationale de l'apprentissage, l'auteure montre que l'ancrage de cette voie de formation dans un pays ne va pas de pair avec un faible taux de chômage des jeunes. L'apprentissage à l'allemande est-il la solution pour enrayer le chômage des jeunes ? Les comparaisons internationales sont riches d'enseignements et viennent contredire certaines idées reçues.
Se référant au système dual allemand, la France rêve de se doter, depuis plus de trente ans, d'un système d'apprentissage puissant, sans toutefois y parvenir. De nombreuses réformes se sont succédé mais n'ont pas réussi à instaurer des pratiques durables. Les évolutions ont pourtant été importantes. Du milieu des années 90 à nos jours, de profonds changements ont eu lieu : la forte croissance du nombre d'apprentis ; l'extension de l'apprentissage à des niveaux de formation de plus en plus élevés et à de nouveaux domaines professionnels ; la création de nouveaux dispositifs (contrat de professionnalisation ouvert aux jeunes et aux adultes). Malgré ces efforts, les résultats restent mitigés. Le décrochage scolaire dans la filière par apprentissage est important. Le taux de rupture des contrats s'y établit encore à des niveaux relativement élevés.
A la suite du premier choc pétrolier des années 70, les pouvoirs publics en Europe continentale découvrent les vertus des formations en apprentissage. Dominantes en Allemagne, en Autriche et en Suisse, ces formations « duales » font, à cette période, incontestablement la preuve de leur efficacité en termes d'insertion professionnelle. Le « système dual » devient alors un référent éducatif sur la scène internationale. Aujourd'hui encore, beaucoup de pays, dont la France, tentent de s'inspirer du modèle allemand. Si l'expérience allemande peut être une source d'inspiration pour les politiques d'apprentissage d'autres pays, sa transposition à l'identique est difficilement envisageable.
L'alternance dans les pays anglo-saxons est peu répandue malgré quelques initiatives prises pour son développement, comme au Royaume-Uni par la refonte du système des qualifications et aux USA par la création des « Community Collèges » au niveau postsecondaire. Mais, les effets de ces politiques sont restés très modestes. Au Japon, les formations en alternance sont inexistantes. Cela signifie que les jeunes acquièrent une qualification après leur embauche, à travers l'activité qu'ils exercent. Bien que l'apprentissage et l'alternance y soient absents, et avec des taux de scolarisation identiques, le Japon a un taux de chômage des jeunes plus faible qu'en Allemagne.
Le modèle allemand peut être une source d'inspiration pour l'évolution du système français, mais pas dans une logique de mimétisme. L'alternance est sans doute un élément d'amélioration de l'insertion individuelle des jeunes et une voie d'accès à une qualification reconnue. Au-delà des systèmes éducatifs, la croissance économique et la conjoncture, les stratégies de recrutement des entreprises sont plus que jamais des facteurs majeurs pour l'insertion globale des jeunes dans l'emploi.
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La gestion des compétences - GPEC
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Les différentes générations au travail : seniors, quadras et jeunes