Face à la rupture écologique et sociétale : Piloter un développement responsable par Olivier Dubigeon, intervenant aux Ateliers de la Mutation.
Piloter le développement responsable de nos organisations vise à diminuer les impacts négatifs et augmenter les impacts positifs générés par leurs activités sur les enjeux du développement : sociaux, sociétaux, environnementaux, économiques, de gouvernance. Il s’agit d’intégrer dans nos pratiques professionnelles le double objectif d’augmenter la valeur de notre organisation et contribuer à un développement plus soutenable
Le « développement durable », largement confondu avec le seul enjeu environnemental du « changement climatique » et de l’énergie, ne peut « durer » très longtemps si nous ne changeons pas nos pratiques et n’interrogeons pas ce que signifie le « développement ».
Le thermomètre du PIB est aujourd’hui contesté en raison de la fièvre qu’il contribue précisément à donner au développement. Ce dernier en effet, lorsqu’il est confondu comme actuellement avec la croissance des échanges monétaires, ne conduit qu’à un appauvrissement des peuples, de notre diversité, et de notre imaginaire créatif. Ce constat nous invite dès lors à réinterroger ce que signifie la valeur ou la richesse.
Intégrer un modèle d’économie contributive et mobiliser une intelligence collaborative avec les
parties prenantes les plus impactées par l’organisation au coeur de son modèle économique et
social permet d’orienter la valeur vers un enrichissement du « patrimoine commun », et d’accroitre ainsi l’acceptabilité sociétale de nos organisations.
L’enjeu essentiel repose dès lors sur le mode de régulation du pouvoir dans l’organisation et la qualité de la relation que celle-ci entretien avec la société.
Lorsque la stratégie d’un développement responsable est conduite avec intégrité, elle est intégrée sincèrement dans nos stratégies et nos systèmes de pilotage. Elle peut alors différencier significativement l’entreprise sur ses marchés, et en même temps changer la nature du système économique lui-même : elle conduit en effet l’entreprise à passer d’un shareholder capital à un stakeholder capital, conduisant à reconnaître à d’autres acteurs parties prenantes (stakeholders) le droit de savoir ce qui les impactent et le droit de participer à éclairer et évaluer les décisions prises au regard de ces impacts.
Aujourd’hui, les salariés comme les parties prenantes de la société, expriment une réelle volonté de devenir des contributeurs d’une telle stratégie productrice de sens, sous réserve qu’elle soit inscrite au coeur des pratiques professionnelles, des processus de pilotage et du portefeuille produits / services de l’organisation.
Pour les y aider, la communauté internationale s’est dotée d’un cadre de référence transactionnel entre toutes les parties et partagé par 99 pays dont la Chine : il permet de se challenger quant à la maturité de nos pratiques professionnelles au regard de leur contribution à un développement soutenable.
Le passage de la génération 1 (« développement durable » exogène) à la génération 2 (développement responsable endogène) est amorcé.
A propos d'Olivier Dubigeon et les intervenants des Ateliers de la Mutation : http://www.lesateliersdelamutation.com/intervenants.html
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