Le taux national s’élève à 3,84% soit 14 jours d’absence en moyenne par salarié. Il est en baisse d’un point (soit 3,8 jours de moins) depuis 3 ans, (4,85% - 17,8 jours en 2009). Il faut cependant noter que l’amélioration du taux est portée par 37% d’entreprises dont le taux baisse plus fortement que pour 49% des entreprises dont le taux augmente.
« La principale raison de la baisse de l’absentéisme tient à la crise. Il faut cependant nuancer en analysant les facteurs comme les secteurs d’activité, l’organisation du travail ou la taille de l’entreprise qui constituent des critères d’évaluation importants pour l’analyse du phénomène » prévient Olivier Gignoux, directeur du pôle social d’Alma Consulting Group.
La carte de France de l’absentéisme enregistre un renversement des tendances : le Nord et la région Rhône Alpes dépassent le Sud, pourtant régulièrement en tête
Fait inédit, cette année, la région Nord dépasse le Sud, à la première place depuis 5 ans. Les raisons tiennent principalement au tissu économique composé essentiellement de PME qui enregistrent cette année des taux en forte hausse.
Le bassin parisien avec un contexte d’emploi plus dynamique et plus mobile qu’ailleurs, enregistre cette année encore un des taux les plus faibles. Le Grand Ouest remporte la palme de la présence au travail.
Explosion de l’absentéisme dans le secteur de la santé
Le secteur de la santé enregistre un taux record cette année, avec 6,61% (soit 24 jours) et connait une forte dégradation depuis 5 ans.
La féminisation des équipes, le management, l’organisation du travail, ainsi que les contraintes économiques et budgétaires que connait le secteur, participent de manière significative à cette hausse.
A l’autre bout du spectre, le BTP affiche encore un taux à 2,97% (10,8 j), l’industrie à 3,58% (13,1 j) et pour la première fois le secteur des services à 3,32% (12,1 j), rejoint le trio de tête de l’assiduité.
Le secteur d’activité constitue un des facteurs prédominants de l’absentéisme. Cette année, on assiste à une accentuation des tendances : les meilleurs élèves s’améliorent et les moins bons se dégradent. La maturité du BTP et de l’industrie par rapport à l’absentéisme explique le ralentissement du phénomène dans ces deux secteurs, pourtant fortement exposés aux accidents du travail.
Il fait bon vivre dans les grands groupes.
Cela se ressent notamment au niveau de leur absentéisme (3,7%), en dessous de la moyenne nationale et inférieur aux PME (4,32%) et aux ETI qui connaissent des taux bien plus forts (4,58% et 4,74%). Les grands groupes ont davantage de moyens d’actions, des politiques structurées favorisant la présence des salariés.
L’influence de l’âge sur l’absentéisme.
Le Baromètre de l’Absentéisme montre, cette année encore, une corrélation entre l’âge et l’absentéisme: bien que l’absentéisme des salariés plus âgés soit en baisse de 1,5 point depuis 2009, il reste supérieur (3,81 % pour les plus de 51 ans) à celui des salariés plus jeunes (2,34 % pour les moins de 30 ans)
Les salariés plus jeunes ont des absences de courtes durées on parle de micro-absentéisme, plus coûteux pour les entreprises. Les salariés plus âgés sont absents moins souvent mais sur de plus longues périodes.
« La gestion des seniors, leur maintien dans l’emploi sont des problématiques RH de plus en plus récurrentes dans les entreprises. Ces deux populations de salariés n’ont pas non plus les mêmes attentes vis à vis de leur travail et de leur entreprise. Des leviers de motivation transgénérationnels doivent être mis en place efficacement pour éviter les risques de « décrochage » », indique Olivier Gignoux
Les ouvriers sont également une population plus souvent absente (4,84% - 17,7 j) que les cadres (1,53% - 5,6 j). « Au delà de la pénibilité et des conditions de travail, c’est aussi le sens donné au travail et le manque de visibilité dans le processus global qui concourent à un plus grand absentéisme », explique Olivier Gignoux.
La gestion des compétences - GPEC
Mobilité - Orientation - Tutorat - VAE et sécurisation des parcours professionnels
Les différentes générations au travail : seniors, quadras et jeunes