M. Cyril Chauvin, Directeur Général Adjoint chez Kobaltt, a accepté de répondre à nos questions.
- Lequel de ces deux types de contrats, est-il privilégié par les entreprises actuellement ?
Notons tout d’abord que mes réponses concerneront uniquement les secteurs d’activités correspondant à l’expertise de Kobaltt, c’est-à-dire l’Ingénierie, l’IT, et la Comptabilité & Finance sur des profils « hautes compétences » (bac+2 / 5).
Pour ces secteurs-ci, il faut dans un premier temps bien différencier les bassins d’emploi de Paris et des autres régions françaises. En effet, les tendances en matière de recrutement diffèrent sensiblement de l’un à l’autre.
Ainsi, à Paris, nous notons une proportion de 75 % de contrats en intérim pour 25% en CDI, une tendance qui prédomine dans les domaines de l’ingénierie et de l’IT. Ces domaines privilégient, en effet, l’intérim, avec des missions courtes, de 3 à 6 mois en moyenne. Il est, néanmoins, intéressant de noter que pour certains métiers, en particulier les postes à haute valeur ajoutée pour lesquels les candidats sont peu nombreux, le recours au CDI est privilégié.
Nous observons cependant une inversion de cette tendance en régions. On constate en effet une raréfaction des compétences en province, laissant ainsi aux entreprises une marge décisionnelle moins grande, c’est pourquoi elles privilégient les contrats CDI ou dans le cas de l’intérim, les missions longues. De plus, le turnover de collaborateurs en région est moindre, pour deux raisons principales : les opportunités d’emploi sont moins fréquentes et les critères de mobilité plus discriminants qu’en région parisienne. On constate donc une croissance du CDI en région.
Enfin, au-delà du contexte géographique, le recours à l’intérim ou au placement CDI est, bien entendu, fortement lié à la conjoncture économique.
- Les missions en intérim sont-elles une voie alternative pour décrocher un CDI ?
Oui et non.
Oui, car l’intérim peut être un moyen permettant d’intégrer rapidement une entreprise et d’être opérationnel immédiatement dans le cadre d’une mission précise.
Certains secteurs d’activité sont particulièrement friands de l’intérim sur la base d’une démarche dite de « Pré-embauche » comme notamment le secteur IT.
Non car, a contrario, on constate qu’en comptabilité et finance, le contrat CDI reste une solution privilégiée. En effet, on observe un grand nombre d’offres d’emploi pour peu de demandeurs (on compte en moyenne de 2 à 4 offres par candidats). La concurrence étant très forte et les candidats ont un large choix de postes. Il règne une relative instabilité au sein des entreprises sur ce type de compétence. Face à cette pénurie de candidats, les entreprises ont tendance à recourir davantage au CDI, voir à l’intérim de pré-embauche plutôt qu’à l’intérim pure.
- Trop de missions en intérim pénalisent-elles le candidat dans sa recherche d'un poste en CDI ?
Tout dépend de la durée des missions intérimaires : à la lecture d’un CV, trop de missions de courtes durées peut être pénalisant. Mais si la durée de celles-ci se situe entre 6 et 12 mois, cela constitue au contraire un véritable atout et reste très intéressant tant pour l’intérimaire que pour l’employeur. Le candidat possède en effet une réelle expérience opérationnelle et fait souvent preuve d’une grande adaptabilité.
Rappelons que le Groupe Kobaltt se positionne sur des secteurs d’activités spécifiques et des marchés de niches, dans lesquels les profils sont rares et recherchés. Dans ce contexte, l’intérim constitue un outil important pour le candidat au niveau relationnel, avec la création d’un réseau professionnel dans son domaine d’expertise. Idéal pour se faire connaitre, et devenir un véritable référent dans son métier.
Aussi, les entreprises, face à la pénurie de spécialistes, optent bien souvent pour le renouvellement ou le prolongement de la mission d’intérim du collaborateur, voir jusqu’à son embauche en contrat CDI.
La gestion des compétences - GPEC
Mobilité - Orientation - Tutorat - VAE et sécurisation des parcours professionnels
Les différentes générations au travail : seniors, quadras et jeunes