ECA International, expert de la mobilité internationale, partage quelques conseils pour mieux décoder les attitudes et comportements des collaborateurs selon leur culture d’origine et le pays dans lequel ils se trouvent.
La mondialisation rapide de l’économie ces dernières années a fortement influencé le fonctionnement des entreprises. De plus en plus d’employés travaillent en collaboration avec des collègues issus de cultures différentes, ce qui peut générer des incompréhensions au sein des équipes. Pour les entreprises qui envoient leurs employés en mission à l’étranger, le manque de préparation aux modes de vie et au contexte socio-économique du pays d’accueil peut mettre en péril une mission d’expatriation. Un expatrié qui met un terme à sa mission de façon anticipée ou qui n’atteint pas les objectifs fixés, génère des coûts importants pour l’entreprise. Les professionnels des ressources humaines s’accordent pour reconnaître le rôle crucial joué par la phase de préparation au départ pour l’expatrié et sa famille.
D’après une enquête menée récemment par ECA International, la phase de préparation avant le départ est rendue obligatoire par 53 % des employeurs. 26 % offrent des services de préparation au départ pour ceux qui le souhaitent. Un tiers des futurs expatriés participent à ces séminaires de préparation. Ceux-ci incluent une visite préliminaire, des informations concernant le pays d’accueil, des cours de langues ainsi que des cours de management interculturel.
L’adaptation de l’expatrié à la culture locale est nécessaire au bon déroulement de sa mission. La maîtrise des subtilités de l’étiquette du pays d’accueil arrive seulement dans un deuxième temps. Travailler aux côtés de personnes d’origines culturelles diverses se révèle souvent être une source d’incompréhensions, de malentendus voire même de conflits. Certaines différences culturelles sont bien connues : les femmes sont amenées à se couvrir dans des pays tels que l’Indonésie, l’Iran ou le Qatar ; les Européens ne sont pas habitués à manger avec des baguettes, etc. Toutefois, de nombreuses coutumes sont encore largement ignorées et peuvent entraîner l’expatrié dans des situations embarrassantes ou conflictuelles.
Les conseils ci-dessous sont issus des « profils pays » établis par ECA International. Ces profils sont des documents complets sur les divers aspects d’un pays et contiennent des informations sur les particularités de la vie économique et sociale du pays d’accueil ainsi que des éléments historiques et culturels permettant à l’expatrié et aux responsables RH de préparer au mieux les missions à l’étranger.
Conseil n°1 : Attention à la gestuelle !
Le geste d’encouragement ou de gratification, pouce levé, pour les Américains est perçu comme obscène dans certains pays tels que l’Albanie, l’Iran ou la Grèce.
Lorsqu’un Grec pense se montrer amical en tapotant gentiment la tête d’un enfant, le Thaï, lui, serait choqué par ce geste. Il faut savoir qu’en Thaïlande, la tête est une partie du corps considérée comme sacrée et par conséquent elle ne doit pas être touchée.
Dîtes au revoir d’un signe de la main à un Bulgare et il aura le sentiment d’être chassé.
Désigner une personne du doigt est considéré à Brunei comme un geste extrêmement grossier et impoli. Le bon geste consiste à faire un signe avec l’ensemble de la main, paume découverte et en direction du sol. On ne pointera pas avec l’index mais avec le pouce ou bien toute la main. Ces gestes ne risquent pas de contrarier un Européen ou un Américain mais peuvent créer une légère incertitude.
Conseil n° 2 : Ne pas juger trop vite !
La notion d’espace vital ou d’espace personnel varie selon les pays. En Afrique du Nord, l’hôte accueille ses invités à grandes embrassades en signe de respect. Il trouvera tout naturel de se déplacer en les prenant par la main. Dans une grande partie d’Afrique et d’Asie, les hommes marchent en se tenant par la main et, contrairement aux pays occidentaux, cela ne signifie en rien l’homosexualité. Bien au contraire, l’homosexualité est très souvent illégale ou tabou dans la plupart de ces pays.
Conseil n°3 : Maintenir un contact visuel ou opter pour un regard fuyant ?
Cette question demeure délicate. Ne pas regarder un Costa Ricain ou un Roumain dans les yeux lors d’une conversation risque de vous faire passer pour une personne qui n’est pas digne de confiance. En revanche, maintenir un contact visuel trop intense auprès d’un Indien ou d’un Sénégalais passe pour un manque de respect.
Conseil n° 4 : Quand dire ‘oui’ ou ‘non’ devient particulièrement complexe
De simples gestes causent de grandes confusions. En Bulgarie, un mouvement de la tête de haut en bas signifie ‘non’ alors que ‘oui’ correspond à un mouvement latéral de côté, exactement le contraire de leur signification en Australie, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis.
Dans certains pays, il est inconcevable d’exprimer son désaccord de façon directe. Dans les traditions chinoise et japonaise, par exemple, de nombreuses circonlocutions tiennent lieu de négation afin d’éviter l’utilisation d’un ‘non’ plus direct. Ils emploieront plus volontiers des formules telles que « ce n’est pas tout à fait approprié » ou « je vais y réfléchir ». Certains expatriés ont besoin de temps pour s’habituer à de telles subtilités. Les plus déstabilisants restent les Philippins, qui préfèrent répondre par l’affirmative à toutes les questions plutôt que de reconnaître leur ignorance.
Conseil n° 5 : Maîtriser l’art de la salutation pour faire bonne impression dès le premier contact.
La première impression compte. Saluer de façon appropriée selon les normes culturelles du pays d’accueil est extrêmement important.
En Angleterre, une faible poignée de main ne laisse pas la meilleure impression alors qu’elle est la règle dans les pays d’Asie. Une poignée de main ferme y serait d’ailleurs mal acceptée. Dans les pays musulmans, un homme qui tenterait de serrer la main d’une femme causerait un bel embarras. En revanche, refuser une poignée de main à une femme dans un pays occidental serait très mal perçu.
Au Japon, la coutume veut que les hommes s’inclinent pour se saluer mais il ne suffit pas de connaître cette règle, encore faut-il maîtriser le degré d’inclinaison ! Les Japonais ne s’inclinent pas de la même façon selon l’importance de la personne saluée.
Conseil n° 6 : Identifier le nom d’usage de son interlocuteur
Les noms étrangers apparaissent comme une difficulté supplémentaire aux yeux de l’expatrié qui ne parvient pas toujours à les retenir voire même à les prononcer. Que choisir entre une approche formelle, souvent jugée distante, et l’utilisation du prénom, trop familière ou dénotant un manque de respect ? Et, comment être sûr de bien différencier le nom du prénom ? Un homme d’affaires chinois peut très bien se présenter dans son pays comme étant Monsieur Wong Lee tout en étant connu sous le nom de Monsieur Lee Wong en Europe. Si tous les Japonais semblent s’appeler San, c’est tout simplement parce que « Sony San » signifie « Monsieur Sony ». En Inde, il est très fréquent de faire référence aux autres en les nommant « oncle » ou « tante » sans pour autant qu’il y ait un lien de parenté.
Conseil n° 7 : Du bon usage de la carte de visite
Les cartes de visite sont fréquemment utilisées dans le monde du travail. De plus en plus, une traduction dans la langue locale est recommandée au dos. Si celles-ci sont couramment échangées et placées directement dans la poche ou le portefeuille, une attention particulièrement doit être apportée à ce rituel en Chine. Lorsqu’un Chinois offre sa carte de visite, il faut la recevoir avec les deux mains, la lire attentivement avant de la ranger soigneusement dans son portefeuille.
Conseil n° 8 : Eviter certains sujets de conversation
Une fois les présentations faites, vient le temps des discussions informelles. Les Australiens, habitués aux questions directes et sans détour, seront facilement déstabilisés par le recours incessant des Sénégalais aux proverbes, analogies et métaphores. Ces derniers trouveront inappropriées les questions relatives à leur privée, sur leur famille et leurs enfants. Au Sénégal, se renseigner sur le terme d’une grossesse porte malheur, ce qui pourrait surprendre plus d’un Anglais. En revanche, ces derniers seront facilement déconcertés par les questions personnelles, relatives à l’âge, au salaire et à la situation familiale, fréquemment posées par les Indiens.
La question du style se révèle parfois tout aussi compliquée que celle du sujet de conversation. Un Thaïlandais rencontrera quelques difficultés à travailler avec des Espagnols ou des Italiens, en raison de leurs habitudes à parler relativement fort. Elever la voix n’entre pas du tout dans les habitudes thaïlandaises. Cela dénote au contraire un manque de maîtrise de soi, un emportement passager. Dans la plupart des cultures asiatiques, faire perdre la face à l’un de ses collaborateurs ou supérieurs est quelque chose d’extrêmement tabou.
Conseil n° 9 : Quelques règles pour savoir se comporter au restaurant ou chez son hôte.
Dans certains pays, il est coutume d’inviter ses collègues au restaurant. En Corée par exemple, l’invité se chargera de régler la totalité de la note, question d’honneur ! Proposer de partager ou ne payer que ses propres consommations fâcherait immanquablement l’hôte de la soirée.
Ailleurs, il arrive d’être convié à partager un repas chez son hôte. Alors que dans certains pays, il est recommandé d’être ponctuel, dans d’autres il sera parfaitement convenable d’arriver avec une heure de retard.
En France, le repas sera volontiers suivi par une tasse de café ou de thé alors qu’en Inde, une fois le repas terminé, les convives sont tenus de quitter immédiatement la table. Lorsqu’un Indien offre du thé et des friandises à ses invités, il est poli de les refuser dans un premier temps puis d’accepter par la suite. A Bahrain, la politesse consiste à accepter au minimum une tasse de thé, deux de préférence, avant de refuser la troisième.
En tant qu’invité, il est courtois d’apporter un présent pour son hôte. Dans certains pays, il est bienvenu d’apporter le dessert ou de l’alcool mais ce geste peut être considéré comme une offense dans d’autres pays. Mal interprété, ce geste suggère que la personne qui reçoit n’est pas en mesure de bien accueillir ses invités. Une autre solution consiste à apporter des fleurs. En Lituanie, le nombre de fleurs qui compose le bouquet devra impérativement être impair, les nombres pairs étant d’usage pour les funérailles.
Conseil n° 10 : Amendes et prison, mieux vaut les éviter
Dans certains cas, la faible connaissance de la culture locale peut coûter très cher. Boire de l’alcool en Iran peut non seulement entraîner une belle amende mais aussi trente coups de fouet ! La même chose en Arabie Saoudite conduit en prison. Exprimer des critiques à l’encontre du roi de Thaïlande est également susceptible de mener à la prison.
Il est important de garder à l’esprit qu’il existe aussi des différences culturelles entre les générations ainsi qu’entre les différents groupes religieux au sein d’un même pays. En Inde, par exemple, il faut soigneusement éviter de confondre les hindous et les musulmans.
Bien évidemment, les exemples illustrant les différences culturelles sont extrêmement nombreux et tous ne figurent pas ici. Parmi ceux mentionnés, certains peuvent être sujet à discussion. Toutefois, une formation au management interculturel pour les chargés de mission à l’étranger représente un excellent moyen d’améliorer les relations interculturelles et de mener à bien leur mission.
A propos d’ECA International
Spécialiste de la gestion de l’expatriation dans le monde entier, ECA International propose aux entreprises des données, des études, des logiciels et un support sur mesure.
Les entreprises possédant peu d’expérience ou trop peu de ressources en interne pour gérer les missions de leurs expatriés, peuvent confier à ECA International le calcul des primes et packages et bénéficier de conseil et de services. Les responsables des ressources humaines internationales des grandes entreprises trouvent des informations complètes et des logiciels de calcul sur le site internet ; enfin les équipes d’ECA International rédigent des politiques sur mesure pour les grandes entreprises qui gèrent des milliers d’expatriés dans le monde entier.
www.eca-international.com
Les « profils pays » élaborés par ECA International sont disponibles pour les abonnés et sont également proposés à la vente sur le site internet d’ECA International aux membres inscrits. Les abonnés ont aussi accès aux guides de préparation aux missions à l’international (International Assignement Guides).
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