Le PRISME dénonce le véritable effet d’optique créé par l’annexe IV de l’Unédic.
En effet, mettre en perspective les cotisations chômage versées par les agences d’emploi avec les allocations chômage dont bénéficient les intérimaires devenus demandeurs d’emploi n’a pas de sens. Cette approche se justifie pour un régime qui fonctionne en « circuit fermé » ce qui n’est pas le cas de l’intérim. Les intérimaires sont, en effet, en mission dans des entreprises appartenant à tous les secteurs d’activité.
Il faut donc sortir de la logique purement comptable de l’Annexe IV et évaluer a postériori l’effet de l’intérim sur l’assurance chômage. L’emploi intérimaire ne correspond pas à un « stock » de salariés mais à un flux de missions, une transition professionnelle. Une mission d’intérim n’aboutit que dans 26% des cas à une situation de chômage. Dans la plupart des cas, elle se poursuit par une autre mission d’intérim (45%*), un CDD (10%*) ou un CDI (12%*). Il conviendrait donc de prendre en compte l’effet positif de l’intérim sur les cotisations versées par les entreprises qui recrutent grâce à l’action des 20 000 salariés permanents des agences d’emploi, et qui sont comptabilisées dans le régime de droit commun. Et bien entendu, il faut tenir compte du fait que non seulement les entreprises de travail temporaire cotisent mais que les intérimaires ne sont plus parmi les indemnisés pendant leurs missions.
À noter que dans le régime chômage des intérimaires, ce sont les cotisations versées lorsque le dernier contrat est une mission d’intérim qui sont comptabilisées, même si le demandeur d’emploi a travaillé sous d’autres formes de contrat avant d’être intérimaire.
Dans l’annexe IV, il n’y a pas que l’intérim et pas tout l’intérim !
Il y a 4 fois plus de salariés en fin de CDD (25,4%) qui s’inscrivent à Pôle emploi que de salariés intérimaires (6,3%). Il serait donc logique de penser que le CDD est plus coûteux en termes d’indemnisation chômage mais comme ce n’est pas un secteur à part entière comme l’intérim, les CDD ne sont pas comptabilisés par l’Unedic. Il est impossible de procéder à cette analyse.
Il est important de noter que si les entreprises n’avaient pas eu la possibilité de recourir à l’intérim, 51% d’entre elles n’auraient pas crée d’emploi (recours à des solutions internes). Il y aurait donc eu un déficit de 288 000 emplois qui aurait entrainé un coût supplémentaire pour la collectivité
L’intérim permet aux entreprises de disposer d’un volant de flexibilité leur permettant de se renforcer, d’améliorer leur productivité, et d’éviter les licenciements en cas de ralentissement.
* Étude PRISME/OME « Regards croisés sur l’intérim, en France et en Europe »
A propos du PRISME
Le PRISME – Professionnels de l’Intérim, Services et Métiers de l’Emploi – regroupe plus de 600 entreprises de toutes tailles qui représentent 90% du chiffre d’affaires de la profession. 6 700 agences d’emploi et 20 000 salariés permanents sont présents sur l’ensemble du territoire.
Pour plus d’information : www.prisme.eu
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